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Pologne – Hongrie, « non » au plan de relance européen

par HumanRessources
Pologne - Hongrie non au plan de relance européen

La Pologne et la Hongrie ont voté pour un « non » au plan de relance européen. Ce n’est pas la première fois que ces deux pays opposent leurs vétos sur une décision collective au Parlement. Pour cette fois, les conséquences politiques entre les pays membres de l’Union européenne seront de taille. Notamment entre les pays de l’Europe de l’Est et de l’Ouest. En d’autres termes, la Pologne et la Hongrie bloquent le mécanisme qui permet de priver de fonds européens les États membres de l’Union qui sont accusés de violer l’État de droit.

Le fond de la problématique

Cette décision commune entre la Pologne et la Hongrie relève de la politique. Mais les conséquences se ressentent au niveau financier. Tout d’abord parce que 750 milliards d’euros sont en jeu dans ce plan de relance. Mais aussi, une somme de 1,1 trillion d’euros est envisagée pour l’année 2021-2027. Mais pourquoi une telle dérivation ?

L’origine de cette dérivation polonaise et hongroise remonte à une dizaine d’années pour la Pologne et à cinq ans pour la Hongrie. Les autorités ont presque procédé de la même manière. Cela en limitant légalement l’indépendance des médias et en intimidant les systèmes judiciaires. Ce qui a entrainé une lacune au niveau de la transparence et de l’indépendance de ces derniers. Peu de temps après, les valeurs à transmettre c’est-à-dire la culture et l’histoire ont été au centre des débats qui étaient aussi exigeants que conventionnels.

Pour le cas de la Hongrie, elle a adopté une modification au niveau de sa constitution et a posé les bases idéologiques de façon académique. Par conséquent, les institutions européennes se retrouvent face à des difficultés.

Lesquelles ?

À cause de ce dérapage, la constitution européenne se confronte à trois contraintes :

  • Le désarmement politique de l’Union européenne : cela a pour conséquence une insuffisance d’institutions ou de réglementations servant à exclure ou à condamner les pays membres ayant un programme opposé à la définition initiale de l’État de droit des fondateurs de l’Union européenne.

  • La négligence du politique antisystème : il aurait fallu ne pas sous-estimer le phénomène politique antisystème. Une circonstance qui aurait pu être résolue s’il n’y avait pas cette négligence.

  • L’activation de l’article 7 : c’est le seul mécanisme pouvant lever le droit de vote à la Hongrie et à la Pologne. Mais ces derniers ont opposé un véto afin de se protéger de façon mutuelle. En effet, le fameux « article 7 » n’a pas pu aboutir.

Les conséquences politiques

Sur deux questions majeures, l’approbation du budget pluriannuel et la décision autorisant l’Union à augmenter de ressources afin d’emprunter pour financer le plan de relance, les 27 ambassadeurs n’ont pas eu l’unanimité, car deux États membres ont exprimé des réserves : la Hongrie et la Pologne. Mais le mécanisme de versement de fonds au respect des valeurs démocratiques a quand même été approuvé. Quant aux conditionnalités, si les deux pays persistent sur le blocage, il y aura des répercussions politiques. « La renégociation du mécanisme de conditionnalité n’aura pas lieu », affirme un diplomate européen. « Et même si la Hongrie et la Pologne ne peuvent pas être expulsées de l’Union, il y aura quand même des conséquences politiques pour ces deux pays », a-t-il ajouté.